Photo : Benjamin Vanderlick

Péroline Barbet-Adda sera accueillie en résidence de création dans le pays de Forcalquier en janvier et février 2023. Sa création sera présentée au mois de mai pendant le festival Numéro Zéro.

Biographie

Réalisatrice sonore et chercheuse indépendante, Péroline Barbet-Adda consacre sa vie professionnelle aux expressions de la tradition orale et à la diversité de ses formes. Elle collecte la parole, assure la production artistique de disques, réalise des documentaires radiophoniques, et collabore à la création d’expositions pour les musées d’histoire et d’ethnologie.

Son travail de recherche et ses réalisations proposent une approche sensible de l’espace et de la mémoire, à la croisée de l’ethnologie et de la création sonore, de la narration et du musical.

Son site : http://peroline-barbet.com/

Projet

Son projet “ESPECE D’ESPECES” fait suite à un travail entamé en 2019 avec Piste animale, qui a donné lieu à six portraits d’animaux (Jura, Ardennes) et une pièce documentaire autour de l’art de pistage, inspirée
des travaux de Baptiste Morizot.

“Je souhaiterais continuer ce travail avec de nouveaux récits d’espèces dans le pays de Forcalquier en intégrant une problématique nouvelle, celles des métamorphoses environnementales qui affectent profondément leurs comportements. Nous voulons raconter des habitudes animales qui se transforment, des trajectoires qui se
modifient, des espèces qui se raréfient, des êtres qui s’hybrident, des phénomènes incompréhensibles et imprévisibles, de nouvelles alliances. Nous voulons raconter ces situations métamorphiques, protéiformes, ces moments où les animaux débordent du cadre, provoquant stupeur et incompréhension. Et posent à mots bas cette délicate question de l’adaptation.

Comme dans Piste animale, ces questions ne seront pas traitées par des techniciens de la nature, des philosophes du vivant ou de spécialistes de la biodiversité, dont on se dit parfois que les discours échouent à nous faire comprendre le bouleversement de notre monde par des chiffres (tous, il est vrai, plus accablants les uns que les autres). Nous irons chercher des gens pour qui la relation avec le vivant est suffisamment forte, fine et constante, pour qui ces changements se traduisent concrètement dans leur quotidien, pour qui ces changements sont vus, au sens plein du terme, parce qu’une proximité, une complicité avec le monde animal ne s’est jamais rompue.

Nous collecterons les récits autour d’une espèce en particulier : cet animal, où le trouve-t-on ? Quelles sont ses caractéristiques, quelles sont ses trajectoires? Que faisait-il qu’il ne fait plus ? Où disparaît-il? Ces paroles recueillies auront pour écrin sonore les espaces naturels où ils vivent (fieldrecording) et des créations électroacoustiques.”

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